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Des extraits naturels locaux et circulaires grâce aux coproduits végétaux

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19.07.2023
Extraction végétale

L’extraction de molécules à partir de végétaux est un secteur en croissance en dehors de nos frontières et pourrait l’être en Wallonie. Quelles sont les opportunités de la filière ? Quelles sont les contraintes rencontrées par les acteurs ? Valbiom fait le point sur la situation.

L’extraction végétale, de quoi parle-t-on ?

L’expression "extraction végétale" renvoie plus précisément à l’extraction de molécules végétales, un procédé visant à extraire certains principes actifs naturellement présents dans les plantes.

La plante est mise en contact avec un solvant, qui va permettre de solubiliser les molécules d'intérêt. Le solvant chargé en "extractibles", dont les molécules d’intérêt, est ensuite séparé des résidus, par exemple par filtration ou centrifugation.

Les molécules d’intérêt doivent ensuite être séparées du solvant et des autres molécules co-extraites par des étapes de concentration et de purification. Un séchage final permettra d’obtenir un extrait sec, prêt pour analyse et enfin, pour utilisation.

Valoriser les coproduits végétaux

Actuellement, l'extraction de molécules d'intérêt fait principalement appel à une matière première produite et dédiée à cette production.

Valbiom vise à mettre en lumière le potentiel des coproduits végétaux comme matière première avantageuse pour l’extraction végétale.

La disponibilité des coproduits est imposée par la production du produit principal, et non par une demande directe du marché. Les coproduits sont donc déjà disponibles, parfois en grande quantité. L’extraction végétale permet de valoriser ces ressources et d'alimenter différents secteurs applicatifs : agro-industries, cosmétique, nutraceutique, pharmaceutique, protection des plantes, énergie, etc.

Une demande croissante en extraits naturels

Le marché mondial des extraits naturels était évalué à 11,94 milliards d'USD en 2021 et il devrait atteindre environ 25 milliards d'USD d'ici 2030, avec un taux de croissance annuel de 8,9 % entre 2022 et 2030.

Cette croissance est poussée par l’adoption en augmentation de produits à base d’ingrédients naturels par les consommateurs. Elle peut s’expliquer par une sensibilisation accrue du consommateur et par une évolution de notre mode de vie (augmentation de la tendance végétarisme ou véganisme, par exemple). Enfin, l’expansion du marché est rendue possible par les différents progrès technologiques.

Entre opportunités…

L’extraction végétale des coproduits est un bel exemple d’économie biosourcée et circulaire. Les coproduits non utilisés vont ainsi être valorisés.

Pour l’extracteur, le recours aux coproduits lui permet d’accéder à une matière première à coût concurrentiel, tout en s’inscrivant dans une chaîne d’approvisionnement et une logistique déjà établies.

…et contraintes

Faire appel à de la biomasse comporte cependant quelques contraintes. L’extracteur reste dépendant de la disponibilité de cette matière première, souvent soumise à une saisonnalité. Le moment de récolte devra également être choisi avec soin. Un autre défi consiste à rendre la matière aussi homogène que possible, afin d’obtenir une composition et des propriétés standardisées, via prétraitements si nécessaire.

Enfin, les contraintes réglementaires entourant la filière d'extraction dépendent de la finalité choisie. La première question à se poser est donc : quel extrait choisir, pour quelle finalité ?

L’innovation en marche

En Wallonie ou ailleurs, la valorisation d’extraits de coproduits végétaux a le vent en poupe.

En France tout d’abord, l’entreprise King Tree développe un extrait de châtaigner bio qui vient directement s’inscrire dans la ligne de production des panneaux en fibre de bois. Le châtaignier est en effet riche en tanins hydrolysables, et plus particulièrement en ellagitanins (la castalagine et la vescalagine), de puissants antioxydants. Les tanins du châtaignier jouent ainsi un rôle essentiel dans son mécanisme de défense contre les agressions extérieures. Santé humaine, œnologie, tannerie, agriculture… l’extrait de bois de châtaignier trouve de nombreuses applications, la principale restant la nutrition animale. Ici, en plus de valoriser une biomasse non utilisée riche en molécules d’intérêt, le projet utilise une méthode d'extraction qui fait uniquement appel à l'eau. L’humidité naturelle du bois sert directement à l’extraction, pour un projet 100% circulaire.

Toujours en territoire français, Biolie a développé une extraction de molécules végétales faisant appel aux enzymes, directement inspirée de la nature. La méthode permet d’isoler de nombreuses molécules d’intérêt de manière naturelle et respectueuse de l’environnement, sans aucun solvant organique. Les applications sont diverses : en sylviculture, en alimentation et en cosmétique notamment. Au niveau des matières premières, Biolie permet notamment de valoriser les coproduits forestiers.

En Allemagne, OMARX propose une extraction du chanvre à l’éthanol avec un focus sur le CBD. Ce type d’extraction permettrait de faire fi des coûts d’implémentation importants d’une extraction au C02, même si les coûts opérationnels restent importants. L'entreprise continue également de développer son savoir-faire pour un extrait de CBD avec un taux de THC le plus faible possible.

Aux Etats-Unis, Thar Process propose des équipements d’extraction et de purification au C02. Le C02 présente en effet l’avantage d’être un solvant non dangereux, non-inflammable, rapide et recyclable. La société le récupère directement auprès des industries. Du matériau brut au produit final, Thar Process propose des équipements d’extraction et de purification complets et de différentes tailles en fonction des besoins des clients, afin de valoriser les ressources naturelles.

Ces entreprises ont un dénominateur commun : toutes ont choisi de s’inscrire dans une économie biosourcée et circulaire, faisant de l’extraction végétale un levier pour un monde plus durable.

En savoir plus sur l’extraction de molécules végétales en Wallonie ?

Venez rencontrer les acteurs du secteur à la journée de l’extraction végétale ce jeudi 19 septembre. Programme complet et inscription.